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17445—IMPRIMERIE A. LAHURE
9, rue de Fleurus, à Paris.
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BIBLIOTHÈQUE DES MERVEILLES
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PAR
J. PÉREZ
Professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux
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OUVRAGE ILLUSTRÉ DE 119 VIGNETTES
PAR CLÉMENT
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PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
1889
Droits de propriété et de traduction réservés
| TABLE DES MATIÈRES |
Ce livre, comme tous ceux de la collection dont il fait partie, est uneœuvre de vulgarisation.
Adonné passionnément à l'étude du petit monde qu'il décrit, l'auteur n'apas cru cependant devoir s'astreindre rigoureusement aux seules notionsclassiques, et s'interdire toute opinion, toute idée personnelle. Dansles sciences d'observation, les données nouvelles ne sont pasnécessairement, comme ailleurs, moins accessibles que les plusanciennes. Elles ne supposent pas, ainsi qu'il arrive souvent dansd'autres sciences, la connaissance de tous les faits de même ordreantérieurement acquis. Aussi, sans laisser en aucune façon d'êtreélémentaire, ce livre sur les Abeilles offrira-t-il çà et là quelquesnotions en désaccord avec certaines idées reçues, ou qu'on chercheraitvainement dans les traités spéciaux. Elles sont d'ailleurs émises avectoute la réserve qui convient en pareil cas, sans s'imposer en aucunemanière, sans prétendre forcer la conviction du lecteur. L'auteuraurait cru manquer de sincérité, en donnant sans restriction, sousprétexte qu'elles ont généralement cours, des opinions qu'il ne sauraitpartager.
Après le souci du vrai, qui ne doit céder à des considérations d'aucunesorte, la clarté a été sa préoccupation constante. Pour l'obtenir, aucunsacrifice n'a paru trop cher. L'intérêt, l'importance même des faitsn'ont pas toujours trouvé grâce et fait hésiter sur leur suppression,quand la complication des détails ou le trop de spécialité des notionspouvaient entraîner quelque obscurité. On n'ose pas se flatter d'avoirtoujours atteint le but que l'on poursuivait; on espère du moins que lelecteur voudra bien tenir compte des efforts qui ont été faits pourcela.
«Qui pourrait ne pas s'intéresser aux Abeilles? Tant d'idées attrayantess'associent à leur nom! Il réveille en nous les images de printemps, debrillant soleil, de plantes fleuries; il nous rappelle les prairiesgaiement émaillées, les haies verdoyantes, les tapis de thym parfumé,les landes odorantes. Il nous parle en même temps de l'industrie, de laprévoyance, de l'économie d'un État bien policé, où la subordination estabsolue, point dégradante[1].»
Tel est le début d'un livre sur les Abeilles d'Angleterre. C'est là unpoint de vue, ce sont là des impressions de naturaliste, tout au moinsd'homme instruit. Tout autres sont les motifs qui de tout temps ont fixél'attention de l'homme sur les Abeilles. Civilisé ou sauvage, cesmerveilleux insectes ont toujours eu le rare, l