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DE L'IMPRIMERIE DE DAVID,
RUE DU FAUBOURG POISSONNIÈRE, No 1.
ŒUVRES
COMPLÈTES
DE CHAMFORT,
RECUEILLIES ET PUBLIÉES, AVEC UNE NOTICE HISTORIQUE
SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE L'AUTEUR,
Par P. R. AUGUIS.
TOME QUATRIÈME.

PARIS,
CHEZ CHAUMEROT JEUNE, LIBRAIRE,
PALAIS-ROYAL, GALERIES DE BOIS, No 189.
1824.
ŒUVRES
COMPLÈTES
DE CHAMFORT.
Le hasard et Bacchus donnèrent les premièresidées de la tragédie en Grèce: l'histoire en est assezconnue. Bacchus ayant trouvé le secret de cultiverla vigne et d'en tirer le vin, l'enseigna à uncertain Icarius, dans une contrée de l'Attique, quiprit depuis le nom d'Icarie.
Cet homme un jour rencontra un bouc quifaisait du dégât dans ses vignes, et l'immola à sonbienfaiteur, autant par intérêt que par reconnaissance.Des paysans, témoins de ce sacrifice, semirent à danser autour de la victime, en chantant 2les louanges du dieu. Ce divertissement passagerdevint un usage annuel, puis sacrifice public, ensuitecérémonie universelle, enfin spectacle publicprofane: car, comme tout était sacré dans l'antiquitépayenne, les jeux et les amusemens se tournèrenten fêtes, et les temples à leur tour se métamorphosèrenten théâtres; mais cela n'arrivaque par degrés.
Les Grecs venant à se polir, transportèrent dansleurs villes une fête née du loisir de la campagne.Les poètes les plus distingués se firent gloirede composer des hymnes religieuses en l'honneurde Bacchus, et d'y ajouter tout ce que la musiqueet la danse pouvaient y répandre d'agrémens. Cefut une occasion de disputer le prix de la poésie;et ce prix, au moins à la campagne, était un bouc,ou une outre de vin, par allusion au nom del'hymne bachique, appelée depuis long-tempstragédie, c'est-à-dire, chanson du bouc ou desvendanges. Ce ne fut, en effet, rien autre chosedurant un long espace d'années.
On perfectionna de plus en plus le même genre;mais on ne le changea pas. Il fit, entre autres, laréputation de plus de quinze ou seize poètes, presquetous successeurs les uns des autres.
On voit assez que, ni dans ces hymnes, ni dansles chœurs qui les chantaient, on n