MADAME ROSE

PIERRE DE VILLERGLÉ

NOUVELLES

PAR AMÉDÉE ACHARD


DEUXIÈME ÉDITION


PARIS

LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie

RUE PIERRE-SARRAZIN, N° 14


1858

Droit de traduction réservé

TYPOGRAPHIE DE CH. LAHURE ET Cie

Imprimeurs du Sénat et de la Cour de Cassation

rue de Vaugirard, 9


TABLE

MADAME ROSE CHAPITRES:I,II,III,IV,V,VI,VII,VIII
PIERRE DE VILLERGLÉ.

MADAME ROSE

PREMIÈRE PARTIE.


I

Parmi les villages que les jeux de la fantaisie etde la spéculation ont élevés aux environs de Paris,il n'en est peut-être pas de plus joli et de plus fraisque Maisons. La mode l'a un peu gâté en multipliantles jardins et les cottages; mais elle n'a pudétruire ni la beauté de la Seine qui le côtoie, ni lamajesté royale des avenues qui l'entourent. De longuesallées bordées de grands arbres percent le parcdans toutes les directions, et laissent voir, derrièreun rideau tremblant de feuillage, des pavillons etdes villas dans lesquels le luxe des propriétaires,gens de finance pour la plupart, a prodigué millerecherches coûteuses; mais aux premiers soufflesde la bise, les hôtes frileux de ces habitations coquettesdisparaissent: on ne voit plus personne àMaisons, si ce n'est dans le village, qu'un pli deterrain dérobe aux oisifs de l'été.

Cependant une de ces villas était encore habitéevers la fin du mois de novembre 184.... Cette villa,située en plein champ à l'extrémité du parc et ducôté de la Seine, se composait d'un seul corps delogis bâti au milieu d'un jardin clos de haies vives.Tout blanc et percé de fenêtres à persiennes vertes,ce corps de logis était élevé d'un étage sur rez-de-chaussée.Il avait l'air propre et honnête, et semblaitdestiné au logement de quelque bon rentierretenu à Maisons par l'énergie de ses goûts champêtres.Le jardin, planté de légumes et d'arbresfruitiers assez mal venus, était divisé en petits compartiments,dont le buis dessinait les contours anguleux.Une tonnelle, un banc de bois et quelquespeupliers encore jeunes, en complétaient la décoration.

Ce petit domaine était connu dans le pays sous lenom de la Maison-Blanche. Il pouvait bien avoir entout une étendue d'un demi-arpent; mais, la portede son jardin passée, le propriétaire de la Maison-Blancheavait autour de lui des promenades à fatiguerles jambes d'un écolier. Une grande prairie leséparait de la Seine; le parc de Maisons, avec sesbois épais, était là-bas, derrière la tonnelle, et plusloin, fermée par un grand mur qui court sous unbouquet d'ormes et de tilleuls, la forêt de Saint-Germain.

L'hôte de la Maison-Blanche était alors un jeunehomme qui pouvait avoir une trentaine d'annéeset qu'on appelait Georges de Francalin. Le personnelde la maison se composait d'une vieille servante quirépondait au nom de Pétronille, grondait toujours,d'un vieux domestique grisonnant nommé Jacob,qui ne parlait jamais, et d'un chien de chasse dela race des épagneuls à robe blanche et feu: toutle monde à Maisons connaissait

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