L’ANCIEN FIGARO

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L’ANCIEN
F I G A R O

ÉTUDES SATIRIQUES

BIGARRURES, COUPS DE LANCETTE, NOUVELLES A LA MAIN

extraits du FIGARO de la restauration

AVEC UNE PRÉFACE ET UN COMMENTAIRE

PAR

ÉMILE GABORIAU


colofon

PARIS
E. DENTU, ÉDITEUR,
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES
PALAIS-ROYAL, 13, GALERIE D’ORLÉANS.
1861

TABLE DES MATIÈRES

Imprimé par Charles Noblet, rue Soufflot, 18.

DEUX MOTS

«Pardon, Messieurs, de prendre la parole, mais il s’agit d’unetrès-courte explication et d’un fait personnel; d’ailleurs, je ne veuxdire que deux mots

Ainsi ne manquait de débuter l’honorable M. S..... de M...., toutes lesfois qu’il réussissait à prendre d’assaut la tribune de la Chambre desdéputés. Sans doute il croyait rassurer ses collègues, qu’effrayaitbeaucoup son éloquence parlementaire.

Que le lecteur me permette d’excuser ma préface par cette humbleformule.

Ce volume de l’ancien Figaro n’est et ne veut être qu’une curiositélittéraire, un recueil de documents pour servir à l’histoire de laRestauration, presqu’un travail archéologique.

En effet, bien que trente ans à peine se soient écoulés depuis, tellessont les préoccupations du jour et les anxiétés de l’avenir, qu’on n’apas le temps de regarder en arrière et qu’on a presque oublié desévénements qui se passaient hier.

On parle souvent encore du Figaro de la Restauration, mais le nom esttout ce qu’on en connaît; qui donc se souvient encore de sa polémiqueardente, de son esprit, de ses audaces?

Personne, en vérité; et les collections en sont devenues si rares quecelle même de la Bibliothèque impériale est incomplète.

Et pourtant, ce petit journal a un avantage immense, que n’ont pastoujours ses confrères d’un grand format.

Il donne la note de l’esprit du temps, et il la donne juste.

Or, cette note vraie, on la chercherait vainement ailleurs, on ne latrouverait pas, sauf peut-être dans tel chapitre d’un livre de Stendhal,le Rouge et le Noir.

C’est dans ces pages étincelantes de verve, pétillantes de raillerie, del’ancien Figaro, que plus tard puisera l’histoire, dans quelquecinquante ans; elles seront rares et précieuses, parce qu’elles sontcomme les mémoires au jour le jour de l’opinion, en un temps oùl’opinion était souveraine. Une méchanceté spirituelle, un coup delancette, une bigarrure, en disent plus, souvent, que quatre longuescolonnes, bien compactes et bien serrées.

Avec de semblables documents, on n’écrit pas l’histoire, mais on lacomprend, et surtout on reconstruit une société.

Jusqu’ici, cependant, tous les historiens sérieux de la Restaurationsemblent avoir, à dessein, négligé ce petit journal. Peut-être letrouvaient-ils trop au-dessous de leur gravité, peut-être pensaient-ils,bien à tort, que les faits qu’il éclaire sont encore trop près de nouspour avoir besoin de lumière. Le plus explicite de tous en fait à peinemention dans deux circonstances: lors de la condamn

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